Punch

By Nora Neko, 10 mars 2018

Installation sonorisée : Bois, Ballon, Scotch, Cellophane, corde, chaine, Cymbale, baguette de batterie, Arduino, Raspberry, enceinte amplifiée, microcontact (piezo), programmes.

Voix enregistrées : Barby Lu, Flo Embo, Marti Guillem, Phabrice Petitdemange, Taurine

Présenté à l’Asile 404, Marseille, en mars 2018 pour l’exposition collective Échantillons du Moi

Principe

Il s’agit d’une sorte de meuble en bois (évoquant un autel, un vieil instrument, une commode…). De son sommet s’élève une chaine et un ballon à hauteur des yeux, également relié au plafond par une corde.

La personne qui se hasarde devant est invitée à frapper le ballon (si elle ne le fait pas spontanément) et l’objet réagit avec un son. Selon l’amplitude du coup porté, la réponse sonore est une ou plusieurs voix traduisant des réactions allant du plaisir léger à une douleur insupportable.

Techniquement

Lorsque le ballon est frappé, la chaine en dessous de lui frappe une cymbale à laquelle est fixé un microcontact. celui-ci transmet alors un signal. Ce signal est traduit via le programme Arduino en un des sons disponibles dans le programme Processing de la Raspberry.

 

Contexte et notions

La curiosité et le sadisme se mêlent au sens du jeu, comme dans n’importe quel jeu vidéo. Mais transposé dans un espace physique, avec le caractère solennel et anachronique de l’objet en bois, bricolé un peu approximativement, je compte sur un effet de basculement autour de cette sensation familière propre aux jeux de tueries sur un écran. cette satisfaction d’efficacité qui rend stimulante le feed back visuel du sang du zombie sous les cous de M16 ou les cris des soldats ennemis « coupés par le milieu ».

La violence fictionelle comme jeu depuis l’enfance, comme manière de conjurer le sort (la mort ?) en forme de blague, ou comme dépendance individuelle, culturelle, naturelle ?… possible contrepartie sin equa non de la vie auprès d’autrui.

Aussi, c’est un objet qui est fait pour être touché, frappé, abîmé, mis à l’épreuve de la vie comme un mobilier urbain. La casse fait partie de son utilisation. Elle est facile à réparer et la présence de l’artiste permet de la remettre en marche lorsque nécessaire. En opposition avec une approche muséographique traditionnelle, qui sacralise l’objet ancien et l’oeuvre d’art de toute époque (et contemporaine aussi !) de manière indistincte, comme s’il ne s’agissait plus que d’une trace sacrée, intouchable, relique de quelque chose qui a disparu, enfermée dans la gangue de légitimité qui constitue l’habituel « ne pas toucher » près des oeuvres dans les galeries et musées, quand celles-ci ne sont pas carrément escortées par des agents de sécurité. Un dispositif scénographie (le vigile qui vous observe au musée d’un air soupçonneux quand vous vous approchez trop de la toile, de la sculpture, du graff exposé !…) qui renvoie lui aussi à une violence potentielle, latente, omniprésente.